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Agence développement jeux vidéo

Quelles aides pour financer un jeu développé avec un studio ?

Les aides publiques au jeu vidéo (crédit d'impôt jeu vidéo, Fonds d'aide au jeu vidéo du CNC, fonds régionaux) financent l'entreprise qui crée un jeu commercial et en garde les droits, c'est-à-dire le studio ou l'éditeur. Si vous commandez un jeu pour votre marque ou vos équipes, vous le financez presque toujours sur budget propre, avec parfois des aides à l'innovation ou une prise en charge au titre de la formation.

Rédaction d’agencedeveloppementjeuxvideo.com · données vérifiées le

Résumer avec l’IA : ChatGPT Perplexity Claude

En bref

Tout dépend de qui détient le jeu.

  • Vous produisez un jeu commercial et gardez ses droits (studio, éditeur) : crédit d'impôt jeu vidéo, Fonds d'aide au jeu vidéo du CNC, fonds régionaux, Europe créative, avance d'un éditeur.
  • Vous commandez un jeu pour votre marque ou vos équipes : aucune aide propre au jeu vidéo ; budget communication ou formation, et aides à l'innovation si le projet comporte une part de recherche.
  • Dans les deux cas, le contrat avec le studio (droits, part sous-traitée, date des premières dépenses) décide de l'éligibilité.

Quelles aides selon votre projet

Les aides publiques françaises au jeu vidéo soutiennent les entreprises qui créent un jeu commercial et en gardent la propriété. Elles ne financent pas la commande d'un jeu par un client.

Aides accessibles selon votre situation
Votre situation Pistes réalistes Ce qui décide
Studio ou éditeur qui produit son propre jeu commercial Crédit d'impôt, fonds du CNC, fonds régionaux, Europe créative, éditeur, financement participatif Garder les droits et piloter la réalisation
Marque qui commande un advergame ou un jeu concours Budget marketing, aucune aide dédiée Jeu gratuit, droits cédés à la marque
Entreprise ou institution qui commande un serious game Budget formation ou communication, appels à projets, aides à l'innovation Usage interne, sans commercialisation
Porteur de projet sans équipe de production Éditeur, financement participatif, coproduction avec un studio Créer une structure qui assure la réalisation, ou partager les droits

Le principe : plus vous voulez de droits sur le jeu, moins le studio peut mobiliser d'aides, et inversement.

Crédit d'impôt et fonds du CNC : réservés à qui porte le jeu

Le crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV)

Le crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV) représente 30 % des dépenses de développement éligibles, dans la limite de 6 millions d'euros par entreprise et par exercice ; la sous-traitance européenne prise en compte est plafonnée à 2 millions d'euros par exercice.[1] Pour ouvrir droit au CIJV, le jeu doit coûter au moins 100 000 euros à développer, être destiné à une commercialisation effective et obtenir l'agrément du CNC ; l'entreprise doit assurer la réalisation artistique et technique du jeu.[2]

Ces conditions écartent la plupart des commandes d'entreprise. Un jeu de marque distribué gratuitement n'est pas commercialisé, et l'entreprise qui confie tout le développement à un studio n'assure pas la réalisation. Le crédit se calcule en outre sur des dépenses déjà engagées : il soulage la trésorerie après coup, il ne paie pas le démarrage.

Le seuil de dépenses filtre aussi les petits projets. Selon l'étude HushCrasher publiée par l'AFJV (19 634 jeux sortis sur Steam de 2022 à 2025, au moins 10 avis), la moitié des petits jeux indépendants (catégorie « Kei ») coûtent moins de 65 000 dollars.[3] Au moins la moitié des petits jeux de ce panel restent donc sous le minimum du crédit d'impôt. Pour situer votre budget, consultez les repères de prix du développement d'un jeu vidéo.

Le Fonds d'aide au jeu vidéo (FAJV) du CNC

L'aide du Fonds d'aide au jeu vidéo (FAJV) à la préproduction est plafonnée à 50 % des dépenses engagées jusqu'au prototype jouable.[4] L'aide du FAJV à la production est plafonnée à 50 % des dépenses de production et suppose que le studio conserve les droits de propriété intellectuelle de son jeu (au moins 50 % des droits, 30 % en coproduction internationale).[5]

Cette condition de propriété se règle dans votre contrat. Si vous exigez que le studio vous cède tous les droits, il ne peut plus demander l'aide à la production. Si vous lui en laissez une part, vous obtenez une licence d'exploitation et un partage de recettes : vous passez de la commande à la coproduction. Les dossiers sont sélectifs : l'équipe et la cohérence du budget comptent autant que le concept. Le guide sur les droits d'un jeu développé par un studio détaille les clauses.

Les autres sources de financement

  • L'éditeur avance le budget de développement contre une part des recettes et se rembourse en priorité sur les ventes. Seuls 23 % des développeurs de l'échantillon HushCrasher travaillent avec un éditeur, et leur budget de développement est alors multiplié par 3 à 4 en moyenne.[6] En contrepartie, il pèse sur le calendrier, le périmètre et souvent les droits.
  • Les régions : plusieurs ont des fonds pour la création de jeux vidéo ou l'innovation numérique, souvent liés à des dépenses sur leur territoire. L'implantation du studio compte alors avant même le prix.
  • L'Europe : le volet MEDIA du programme Europe créative soutient le développement de jeux vidéo et de contenus immersifs par des studios européens, sur appels à propositions sélectifs.
  • L'innovation : Bpifrance propose subventions, avances remboursables et prêts aux projets innovants. Le crédit d'impôt recherche ou innovation ne couvre que la part réellement nouvelle du projet (simulation, intelligence artificielle), pas la production du contenu, et la part sous-traitée doit en général être confiée à un prestataire agréé.
  • Les joueurs : financement participatif et accès anticipé sur Steam couvrent une partie du développement et testent l'intérêt du public, à condition d'avoir déjà une communauté et une version présentable.

Pour une marque ou une institution, le budget propre reste la voie réaliste. Un OPCO finance des actions de formation, pas la fabrication d'un logiciel : ce qu'il prend en charge dépend de la place du jeu dans un parcours. Repères de coût dans le guide prix d'un serious game.

Monter le budget avec le studio

Un dossier d'aide se joue en grande partie sur le devis et le contrat. Exigez ces livrables dès la consultation :

  • un devis ventilé par phase (préproduction, production, finalisation) et par poste, qui isole les dépenses éligibles ;
  • la localisation de chaque intervenant, puisque la sous-traitance retenue par le crédit d'impôt est européenne et plafonnée ;
  • un calendrier de facturation calé sur les jalons du dossier ;
  • une clause de droits compatible avec l'aide visée ;
  • des justificatifs utilisables en fin de projet : factures détaillées, temps passé par profil, version jouable à chaque jalon.

Le moteur pèse aussi sur le plan de financement. Unity Personal est gratuit jusqu'à 200 000 dollars américains de revenus annuels et de financements ; au-delà, la licence Unity Pro est obligatoire.[7] Les financements obtenus comptent donc dans ce seuil. Un jeu commercial développé avec Unreal Engine paie une redevance de 5 % sur ses revenus bruts au-delà du premier million de dollars américains cumulé sur la vie du produit ; le taux descend à 3,5 % pour les jeux qui adhèrent au programme Launch Everywhere with Epic.[8] Faites inscrire ces licences dans le devis et dans le plan de recettes. Pour cadrer le projet, partez du modèle de cahier des charges, puis comparez les offres avec la page devis jeu vidéo.

Pièges et cas où un studio n'est pas la bonne voie

  • Signer avant de déposer. Beaucoup de guichets écartent les dépenses engagées avant le dépôt du dossier : un bon de commande signé trop tôt peut rendre la préproduction inéligible.
  • Céder tous les droits par réflexe. Un contrat de commande standard ferme au studio l'accès au fonds du CNC.
  • Gonfler le projet pour franchir un seuil. L'aide ne couvre qu'une partie des dépenses : le reste à charge grossit avec le périmètre.

Deux situations justifient de ne pas tout confier à un studio. Si vous visez le crédit d'impôt comme porteur du jeu, gardez la réalisation en interne (direction créative, production, programmation principale) et faites intervenir un studio en co-développement sur des lots, comme le décrit le guide pour externaliser le développement d'un jeu. Si votre budget reste celui d'une maquette, sans droits à valoriser ni éditeur en vue, aucune aide jeu vidéo ne s'appliquera : financez la maquette sur fonds propres, puis présentez-la à un éditeur ou en appui d'une demande d'aide à la préproduction.

Questions à poser au studio

  1. Avez-vous déjà préparé un dossier de crédit d'impôt, d'aide du CNC ou de fonds régional, et pour quel projet ?
  2. Quelle part du travail est faite par vos équipes, quelle part est sous-traitée, et dans quel pays ?
  3. Pouvez-vous ventiler le devis selon les postes éligibles de l'aide visée ?
  4. Quels droits conservez-vous dans votre proposition, et quelle licence nous accordez-vous ?
  5. Comment la facturation s'adapte-t-elle si l'aide est refusée ou versée en retard ?
  6. Qui garde les sources, les fichiers de production et les comptes de publication en fin de contrat ?

À qui s'adresser

Voici les premiers studios du classement général des studios de jeux vidéo, toutes spécialités confondues.

Les studios à consulter en premier

  1. Digital Unicorn (Paris) : agence web et mobile, ligne jeux vidéo.
  2. Betshot Studio (Orléans) : jeux de marque, phygital et Roblox.
  3. Flaq (Paris) : gamification, advergames et serious games de marque.

Ordre de notre classement. Critères examinés et sources.

Choisissez ensuite selon votre montage. Pour un éditeur qui garde la réalisation, Artefacts Studio (Villeurbanne) travaille en co-développement et en portage console, et présente Le donjon de Naheulbeuk : l'amulette du désordre parmi ses réalisations ; Gamific Studio (Paris) présente six jeux, dont quatre publiés sur Steam.

Pour un serious game, Digital Unicorn (Paris) développe jeux mobiles, serious games et réalité virtuelle sur Unity, Godot et Unreal, et présente L'atelier de Roxane et PROLYP parmi ses réalisations ; Urban Gaming (Paris) a réalisé pour Eiffage un escape game d'assessment destiné au recrutement. Pour un jeu de marque, Flaq (Paris) a réalisé Aircall Galaxy pour Aircall, et Betshot Studio (Orléans) The Quest by Kappa pour Kappa et Les Ardentes. Voir aussi les studios de serious game et les agences d'advergame.

Pour décrire votre projet et son plan de financement en une fois, utilisez le formulaire ci-dessous : votre demande est transmise à Digital Unicorn.

Questions fréquentes

Une marque peut-elle obtenir le crédit d'impôt jeu vidéo pour un advergame ?

En pratique, non. Le crédit vise des jeux destinés à la vente, agréés par le CNC et réalisés par l'entreprise qui le demande. Un advergame gratuit, confié en totalité à une agence, ne remplit aucune de ces conditions. Seule une brique technique réellement nouvelle peut relever, à part, des aides à l'innovation.

Le studio peut-il demander les aides à notre place ?

Oui, s'il porte le jeu : il garde une part des droits, dépose le dossier à son nom et vous accorde une licence d'exploitation, souvent avec un partage de recettes. Vous payez moins en direct, mais vous n'êtes plus seul propriétaire. Écrivez ce montage dès le devis, avec ce qui se passe si l'aide est refusée.

Les aides peuvent-elles couvrir tout le budget ?

Non. Les aides du CNC sont plafonnées à une partie des dépenses, et le crédit d'impôt ne porte que sur les dépenses éligibles. Le reste se finance par fonds propres, prêt, éditeur ou préventes. Les financeurs examinent ce plan complet : un dossier qui ne montre pas comment le reste est couvert part affaibli.

Faut-il un prototype jouable avant de chercher un financement ?

Pour convaincre un éditeur, obtenir l'aide à la production ou lancer un financement participatif, presque toujours. L'aide à la préproduction sert justement à financer la phase qui y mène. Pour un serious game ou un jeu de marque, une maquette suffit souvent à valider le budget en interne : faites-la chiffrer comme une commande séparée.

Sources

  1. CNC, crédit d'impôt jeu vidéo, consulté le 02/10/2026
  2. CNC, crédit d'impôt jeu vidéo, consulté le 02/10/2026
  3. AFJV, « Développer un jeu vidéo, combien ça coûte aujourd'hui ? » (HushCrasher), consulté le 02/10/2026
  4. CNC, FAJV, consulté le 02/10/2026
  5. CNC, FAJV, consulté le 02/10/2026
  6. AFJV (HushCrasher), consulté le 02/10/2026
  7. Unity, tarifs 2026, consulté le 02/10/2026
  8. Epic Games, licence Unreal Engine (page protégée, texte lu via moteur de recherche), consulté le 02/10/2026